Le blog de François-Xavier Chauchat (retourner à l'accueil)
C'était la deuxième fois en trois ans que j'avais la chance d'assister à la superbe production de l'opéra de Paris: Tristan und Isolde, de Wagner, mis en scène par Peter Sellars avec en toile de fond des oeuvres du génial vidéaste Bill Viola.
La première fois (en 2005) m'avait électrisé, avec Ben Heppner en Tristan, Waltraud Meier en Isolde et Salonen à la baguette. La deuxième m'a définitivement convaincu, même si malheureusement Isolde (Waltraud Meier à nouveau) manquait cette fois cruellement de voix, et que la direction de Bychkov avait beaucoup moins de souffle que celle de Salonen. Ce n'était heureusement pas le cas des autres chanteurs, avec en particulier un Clifton Forbis absolument époustouflant au troisième acte, et une Gubanova (en Brangäne) somptueuse de bout en bout.
Les vidéos de Bill Viola ne sont pas seulement un émerveillement pour les yeux, elles sont aussi des contrepoints pertinents du livret de Wagner, en même temps qu'elles racontent une histoire en elles-mêmes. Un livret et des images qui parlent de l'incandescence du désir, de la perte de conscience dans la fusion amoureuse, et de la mort comme seul remède à un amour trop puissant, un désir trop brûlant pour être supportés par deux êtres humains. Bouleversant.
Voir la présentation de la production (dont un extrait vidéo) sur le site de l'opéra de Paris: Tristan und Isolde