économie

Mercredi 14 janvier 2009
 Au terme de deux ans et demi d’embellie, l’économie allemande inquiète à nouveau. La sévérité du retournement de la première économie européenne ne fait plus de doute. Un plan de soutien massif vient d’être annoncé par Mme Merkel. Rien que de tristement banal dans le contexte actuel. Pour le moyen terme, cependant, les divergences d’appréciation sur la « question allemande » sont importantes. Certains pensent que l’Allemagne doit encore se réformer avant qu’une reprise durable puisse voir le jour. D’autres, dont je fais partie, situent l’économie allemande sur une tendance fondamentalement ascendante que la crise vient certes très durement mais temporairement contrarier.

Afin d’éclairer la nature et les enjeux de ce débat crucial, dressons d’abord un bilan de la performance comparée de l’économie allemande depuis la réunification. Peu d’observateurs réalisent la profondeur et la persistance des décalages créés, entre l’Allemagne et ses voisins, par les chocs successifs de la réunification allemande puis de l’Union monétaire. Ainsi que l’indique le tableau ci-dessous, les évolutions économiques allemandes n’ont ressemblé en presque rien à ce que le reste de l’Europe a connu.



 

L’économie allemande et l’Europe depuis la réunification

 

Allemagne

Reste de l’Europe

1990-1994

Boom économique de la réunification. Investissement, immobilier et consommation explosent; le mark est réévalué ; les exportateurs perdent des parts de marché. Croissance annuelle du PIB par habitant: 2,0%

La récession américaine et la réunification allemande provoquent une crise monétaire qui atteint son paroxysme en 1993. Croissance annuelle du PIB par habitant: 1,0%

1995-2000

Première phase du contre-choc de la réunification, affectant surtout le secteur de la construction, les banques et l'Est du pays; le reste de l’économie résiste mieux ; reconquête progressive des parts de marché à l'export.

Croissance ann. du PIB/H : 1,8%

Le projet de l’euro prend forme, provoquant une baisse considérable des taux d’intérêt. Début du boom immobilier. Forte reprise de l’investissement et de l’emploi.

Croissance ann. du PIB/H : 2,7%

2001-2005

Phase extrême du contre-choc, avec un écroulement des profits des entreprises et de l’investissement; le secteur de la construction voit la récession s'aggraver et la consommation est stoppée nette ; les faillites bancaires menacent ; les exportations, en revanche, s'envolent grâce à la reprise de la croissance mondiale à partir de 2003.

Croissance ann. du PIB/H : 1,0%

Phase de restructuration d’abord pénible puis très profitable dans le secteur des entreprises ; les taux d’intérêt baissent encore, soutenant l’immobilier et la consommation. L’Europe de l’Est entre dans l’Union. « Non » français et néerlandais aux referenda.

Croissance ann. du PIB/H : 1,7%

2006-2007

Forte reprise économique tirée par l'investissement. Stabilisation de la construction; exportations toujours très vigoureuses ; forte baisse du chômage ; mais consommation atone à cause de la hausse des prix. L'Est du pays décolle enfin; l’équilibre budgétaire est atteint en 2007.

Croissance ann. du PIB/H : 2,8%

Forte croissance des profits, de l’investissement et de l’emploi. Surchauffe dans certains pays (Espagne, Royaume-Uni, Grèce, Irlande). L’inflation monte. Le retournement  immobilier commence en 2007.

Croissance ann. du PIB/H : 2,1%

2008-2009

Face à l'ampleur des chocs externes (crise financière, matières premières, pays émergents), l'économie allemande se retourne brutalement.

Crise financière et économique aggravée par le retournement général des marchés immobiliers.

 




D’abord portée par le boom issu de la réunification politique, économique et monétaire du pays, l’économie allemande est depuis 1995 occupée à digérer douloureusement, interminablement, le contre-choc des excès liés à cet évènement historique. Ses voisins ont suivi un destin le plus souvent inverse, souffrant d’abord de la hausse de la devise et des taux d’intérêt allemands, puis bénéficiant de la perspective et enfin de la mise en place de l’Union monétaire européenne. Le graphique ci-dessous résume bien l’évolution de la position relative de l’Allemagne depuis la réunification.




Jusqu’au milieu des années 2000, l'économie domestique allemande est l’une des grandes absentes de la forte croissance mondiale. Les performances remarquables à l’exportation n'ont pas empêché la déflation intérieure causée par les réajustements de l’après-réunification : priorité au désendettement, politique de rigueur budgétaire et salariale, et réformes structurelles initialement douloureuses pendant la période Schroeder. Beaucoup d’observateurs comparent alors (à tort) l’Allemagne au Japon. Le taux d’investissement des ménages, des entreprises et des pouvoirs publics atteint en 2005 un plus bas historique dans l’histoire de l’Allemagne moderne.

A partir de 2006, l’espoir renaît. Grâce à la nette amélioration de la rentabilité des entreprises – amélioration permise par des restructurations de grande ampleur et par les résultats de plusieurs réformes fiscales – le taux d’investissement repart fortement à la hausse. Le graphique ci-dessous illustre cette reprise qui met fin à plus d’une décennie de déclin.

Après trois années de hausse du taux d’investissement des entreprises, un vif recul est naturellement à attendre pour 2009, comme dans les autres pays. L’ajustement devrait être particulièrement fort dans l’industrie. En comparaison aux autres pays européens, cependant, cette correction devrait être moins longue et moins forte car le taux d’investissement total demeure historiquement bas. L’investissement des ménages dans l’immobilier, en particulier, n’a toujours pas rebondi au cours des dernières années, en contraste frappant avec la dynamique observée dans le reste de l’Europe et du monde.




Le contraste est tout aussi saisissant du coté du consommateur. Malgré la très forte baisse du taux de chômage (de 12% à 7,5% en 3 ans), la consommation des ménages est demeurée, tout comme l’immobilier,  totalement déprimée. De 2001 à 2008, le consommateur allemand a figé ses dépenses en volume, alors que celles-ci progressaient durant la même période de 20% aux Etats-Unis, 16% en France et même 9% au Japon. Une austérité salariale très forte alliée aux nécessités de faire remonter un taux d’épargne qui avait trop baissé constituent un premier faisceau d’explications. Plus récemment, en 2007-2008, la forte hausse de la TVA (de 16% à 19% au 1er janvier 2007) puis l’envolée des prix des matières premières ont fortement contribué au maintien d’une croissance zéro des dépenses des ménages allemands.




Conclusion

Il ne fait aucun doute que la crise économique qui touche aujourd'hui l’Allemagne est extraordinairement sévère. Les chiffres de croissance en ce tournant d’année (quatrième trimestre 2008 et premier trimestre 2009) vont être  calamiteux. Comme partout ailleurs, dira-t-on, mais il existe un débat spécifique au cas allemand. La crise économique actuelle vient frapper l’Allemagne au milieu d’une phase de redressement qui, après une décennie de déflation intérieure, s’annonçait prometteuse. D’autant plus que l’équilibre budgétaire si longtemps recherché – et si rarement obtenu dans les grands pays – a été atteint en 2007 et 2008. Sans les chocs externes extraordinairement violents subis depuis l’été 2007, il est très probable que la reprise allemande serait en train de s’élargir au secteur de la consommation, voire de l’immobilier.

Au delà de la crise actuelle, notre diagnostic fondamental est le suivant :

   (1) En contraste avec beaucoup d’autres pays développés, l’économie allemande est en situation de sous-investissement et, plus encore, de sous-consommation. Ceux qui interprètent la crise mondiale actuelle comme une correction inévitable des excès du passé ne peuvent appliquer cette grille de lecture à l’économie allemande.

   (2) Après le long contre-choc de la réunification, les conditions d’une dynamique intérieure plus positive semblent, depuis 2005, enfin réunies. C’est ce qu’a prouvé la forte reprise de l’investissement et de l‘emploi du début 2006 à la mi-2008. La violence de la récession actuelle vient masquer l’assainissement structurel de l’économie allemande. L’Allemagne n’est pas le Japon.

   (3) Pour ces raisons, un plan de relance de la demande apparait plus pertinent et potentiellement plus efficace en Allemagne qu’ailleurs. La culture économique du pays tend à résister à cette idée, mais les autorités allemandes ont fini par s’engager sur cette voie à travers une hausse des dépenses d’infrastructure et une baisse de l’impôt des ménages en 2009 et 2010.


Au total, les perspectives économiques allemandes nous semblent moins entravées qu’on ne le dit, surtout à moyen terme. Il nous paraît acquis que, une fois passé le pire de la crise actuelle, la prochaine phase du cycle allemand sera très différente de la précédente, avec un dynamisme comparativement plus fort de la demande domestique. L’économie allemande pourrait alors devenir l’une des grandes gagnantes de la prochaine décennie.



François-Xavier Chauchat
Janvier 2009

Les entreprises désirant décliner ce thème majeur en fonction de leurs besoins spécifiques peuvent me contacter directement.



Cet article en format PDF facilement imprimable: 



Par François-Xavier Chauchat
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 16 décembre 2008
  Le retournement brutal du marché de l’immobilier aux Etats-Unis à la fin du printemps 2006 a été le véritable déclencheur de la crise financière. Par ces effets induits, cet effondrement est aussi le moteur principal de la récession du secteur de la consommation, récession la plus grave depuis le début des années 80.

 Deux ans et demi plus tard, les prix des logements ont-ils suffisamment baissé ? La forte hausse des années précédentes est-elle effacée ? Notre diagnostic conduit à répondre à ces questions par l’affirmative. Sans jouer les devins quant au moment exact de la fin du cycle baissier entamé en 2006, l’hypothèse d’une stabilisation des prix au cours de l’année 2009 parait très crédible.





 Le graphique ci-dessus illustre le premier point de notre analyse. Il montre diverses estimations d’un des ratios fondamentaux du marché immobilier, celui qui lie les prix d’acquisition d’un logement au revenu d’un ménage type. Pour chacun de ces deux indicateurs – le prix des logements et le revenu des ménages américains – plusieurs instruments de mesure sont disponibles, selon les sources utilisées (NAR, FHFA, Case-Shiller) et les méthodes de calcul (moyenne ou médiane). Sans entrer dans le détail de ces différentes évaluations (*), un constat s’impose : le nombre d’années de revenu nécessaire à l’achat d’une maison ou d’un appartement aux Etats-Unis a rejoint en 2008 un niveau normal, voire assez bas au regard des standards historiques. Une baisse supplémentaire des prix au début de l’année 2009, comme l’attendent la plupart des observateurs, renforcerait ce message d’une manière plus indiscutable encore.

 Un autre indicateur plaide en faveur d’une stabilisation du secteur à relativement court-terme. C’est celui de la « solvabilité » des ménages par rapport aux conditions de prix et de financement (taux d’intérêt, durée des prêt, etc.) en vigueur sur le marché. Nous avons calculé ci-dessous la part du revenu qu’un ménage américain type devra consacrer au remboursement de son emprunt immobilier s’il désire acquérir un logement au prix du marché et au taux d’intérêt moyen offert par les banques. Nous avons pris en compte une durée de 30 ans pour les prêts hypothécaires (durée typique aux Etats-Unis) et un apport personnel de 25%. Le résultat indique que grâce à la baisse des prix et à celle, plus récente, des taux hypothécaires (**), l’acquisition d’un logement pèserait moins de 20% du revenu d’un ménage, ce qui ne s’est jamais vu depuis les années 60 (***).





 Au vu de ces indicateurs, l’ajustement violent du secteur immobilier américain devrait être bientôt derrière nous. Les effets récessifs de cette correction se feront certes encore sentir quelque temps, et parler de véritable reprise sera prématuré tant que le stock de logements encore à vendre sur le marché demeure aussi élevé.

 Nous gardons aussi à l’esprit qu’il aura fallu deux ans de tourmente pour que la baisse de l’immobilier américain finisse par mettre à mal l’ensemble de l’économie mondiale, par une série de mécanismes que nous avons déjà décrits. Ce temps de réaction suggère qu’un délai de plusieurs trimestres pourrait intervenir entre la stabilisation du secteur immobilier aux Etats-Unis et la reprise économique mondiale.

 Il ne faut pas pour autant sous-estimer l’importance des évolutions que nous décrivons ici. Parmi d’autres signaux (dont nous parlerons dans un prochain article), celles-ci participent d’une série d’indices précurseurs de l’assainissement de la situation économique et financière mondiale. Rendez-vous donc en 2009 pour vérifier la validité du diagnostic.


François-Xavier Chauchat


Cet article en format PDF facilement imprimable: 


(*) N’hésitez pas à réagir si vous désirez des précisions.

(**) Les taux hypothécaires sont récemment descendus à un très bas niveau (moins de 6%) du fait des mesures prises par la Federal Reserve pour aider le secteur.

(***) Notre calcul laisse de côté les fluctuations de la fiscalité immobilière ; cela ne modifie pas le diagnostic puisque la fiscalité sur l’immobilier est aujourd’hui très favorable. 

Par François-Xavier Chauchat
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 2 décembre 2008

  Deux phénomènes historiques ont provoqué le creusement vertigineux du déficit commercial américain depuis le début des années 90. L’accélération de la mondialisation de l’économie, d'une part, qui a éloigné lieux de production et lieux de consommation. Et le dynamisme record des importations américaines d'autre part, dynamisme provoqué par un surplus de croissance de la demande domestique aux Etats-Unis par rapport au reste du monde développé.

 Le retournement de l'immobilier et la crise des subprimes sont justement venu mettre fin à cette longue période de forte croissance de la demande des ménages (+3,7% en moyenne chaque année sur la période 1992-2005).  Depuis le début du ralentissement économique américain en 2006, le déficit commercial de la première économie mondiale n’a pourtant que marginalement baissé, passant de 5,7% du PIB en 2006 (record historique) à 5% en 2008.



 Ce constat est cependant trompeur car la modestie de l’amélioration de la balance commerciale s’explique entièrement par la très forte appréciation des matières premières jusqu’à l’été dernier, renchérissement qui a produit l’illusion d’une résistance des importations. Hors effet prix, le déficit commercial américain a en réalité été divisé presque par deux, passant de près de 6% du PIB à 3% (graphique ci-dessus). C’est la baisse la plus forte et la plus rapide du déficit réel dans l’histoire moderne des Etats-Unis.

 Plus encore que les bénéfices d’un dollar faible pour les exportations américaine, c’est bien le ralentissement brutal des dépenses des ménages – consommation et immobilier – qui constitue la cause principale de cette réduction record du déficit réel, à travers la baisse des volumes d’importations. Les thèmes du déficit commercial et de la dette des ménages sont donc indissociables puisque c’est l’endettement puis le désendettement qui ont produit successivement le surplus puis le déficit de croissance de la demande aux Etats-Unis. D’où une corrélation inverse, illustrée sur le graphique ci-dessous, entre balance commerciale et croissance de la dette privée.

 


 Pour les prochains trimestres, les perspectives sont les suivantes. Le retournement très marqué à la baisse des prix des matières premières va supprimer et même sans doute inverser l’effet-prix. Le déficit en valeur – celui qui retient l’attention des médias et des marchés – devrait rapidement s’écrouler de 5% à moins de 3% du PIB (soit environ 400 milliards de dollar en rythme annuel, ce qui ne passera pas inaperçu). Plus encore, la forte probabilité d’une poursuite du désendettement des ménages américains en 2009 plaide clairement en faveur d’une baisse supplémentaire du déficit vers son niveau du début des années 90, soit 1% à 2% du PIB. Et peut-être ira-t-on jusqu’à l’équilibre de la balance commerciale si la contraction de la demande aux Etats-Unis est particulièrement forte ou durable. Comme le chantait Bob Dylan, The Times They Are A-Changin'.


François-Xavier Chauchat


 



Cet article en format facilement imprimable :


 


Par François-Xavier Chauchat
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 25 novembre 2008

  Souvent, notre humaine condition nous entraîne à être optimiste quand tout va bien et pessimiste quand tout va mal. Ce biais porte rarement à conséquence car la plupart du temps nos opinions influent assez peu sur nos actes (1). C’est plus souvent l’inverse qui se produit.

 

  En matière boursière, une des règles d’or de Warren Buffet et de bien d'autres est « d’acheter quand tout le monde est pessimiste, et de vendre quand tout le monde est optimiste ». Cela ne produit pas toujours les effets escomptés (ce serait trop facile). L’économiste que je suis essaiera quant à lui d’établir une mesure de ce qui est implicitement anticipé par les marchés, et de les comparer à ce qu’il est raisonnable d’attendre. Bref, de chiffrer un peu tout cela.

 

  J’ai sélectionné ici deux indicateurs. Le premier compare les cours des actions mondiales à l’évolution du PIB mondial depuis le plus longtemps possible (1970 sur notre graphique). Le deuxième retrace l’historique, pour l’indice S&P500, du ratio cours sur bénéfices « tendanciels », obtenus en lissant la séries des bénéfices sur une très longue période – ici depuis 1960 – afin d’éliminer l’influence des cycles (2).












  Les deux indicateurs d’évaluation des marchés actions – cours/Pib au niveau mondial et cours/bénéfices tendanciels aux Etats-Unis – envoient le même message : les indices actions sont très faiblement valorisés par rapport à leur moyenne historique, et leur évaluation est comparable à celle des années qui ont suivies le premier choc pétrolier (1974-80/82), les pires de l’histoire moderne pour l’économie mondiale.


  Un petit calcul montrerait que, dans une perspective de long terme, les niveaux actuels de valorisation des bourses devraient normalement garantir des performances futures élevées, autour de 10% par an hors inflation en moyenne (du moins en théorie). Ce serait bien différent ce que nous avons connu au cours des dix dernières années, puisque les performances hors inflation, et dividendes inclus, ont été nulles ou négatives depuis 1998.

 

  Notre conclusion sera la suivante. Les indices actions sont très bon marché, et ils escomptent  implicitement une dégradation extrêmement brutale et prolongée de la situation économique, dégradation similaire à celle de la grande période de transition des années 1974-82. On peut toujours imaginer pire situation encore, mais il faudra avoir de solides arguments. Aussi semble-t-il clair qu’à ces prix-là, l’époque devient de plus en plus favorable à la constitution d’un patrimoine boursier. Reste à s'armer de patience.

 


François-Xavier Chauchat



Cet article est dédié à mon excellent ami Laurent Lamagnère




(1) Je vous laisse méditer cette puissante assertion.


(2) Cette méthode est à mon sens préférable à celle, dite du « PE 10 », que Robert Shiller explique dans son ouvrage « Irrational exhuberance » et qu’il met à jour sur son site web : http://www.econ.yale.edu/~shiller/



Par François-Xavier Chauchat
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 22 novembre 2008



  Puisque tout le monde a compris que le marché de l'immobilier s'était retourné, il s'agit désormais de savoir de combien il peut ou doit baisser. Le graphique ci-joint parle de lui même, ou presque.


  Le prix moyen d’un logement en France se situe en 2008 autour de 215.000 euro, soit 4,4 fois la moyenne des revenus des ménages. Ce multiple est nettement supérieur à la moyenne historique de 3 fois le revenu par ménage, référence demeurée très stable de 1965 à 2000.


  Le graphique montre que le décrochage date du début de la décennie 2000. L’amélioration considérable des conditions de financement - taux d’intérêt et durée des prêts - permise par l’union monétaire et par les innovations financières a été la cause de cette hausse record de la valorisation de l’immobilier en France.
En d'autres termes, les prix se sont envolés parce que le système bancaire a fait preuve d'une flexibilité exceptionnelle. La crise financière de 2007/2008 marque la fin de ce processus. L'hypothèse d'une forte hausse des revenus des ménages n'ayant pas de crédibilité, l’ajustement du marché de l'immobilier se fera désormais essentiellement par les prix.

  Pour retourner d'ici par exemple 2012 à la moyenne de long-terme de valorisation de l’immobilier par rapport aux revenus, il faudra une baisse d’environ 25% des prix des logements, soit un peu moins de 7% par an (*). Une telle baisse ferait revenir le prix moyen des logements à 160.000 euro, soit le niveau de mi-2003.


François-Xavier Chauchat



(*) nous avons fait l'hypothèse pour nos calculs d'une hausse annuelle de 3% par an des revenus par ménage, soit 1% hors inflation.


Par Fx Chauchat
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

A propos de ce site

  • : François-Xavier Chauchat
  • fxchauchat
  • : Économiste de profession, je publie ici de courts extraits de mes analyses sur des thèmes économiques et financiers d’actualité. Vous y trouverez aussi des articles traitant d’autres domaines qui me passionnent, comme la musique et l’opéra.
  • Recommander ce blog

Contacter l'auteur

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus