musique et danse

Jeudi 1 octobre 2009

Damien Poisblaud m'a fait gouté au chant grégorien il y a quelques années de cela au cours d’un stage de technique vocale. Attention, il ne s’agit en rien du chant éthéré et désincarné des enregistrements des moines de Solesme, mais de celui, bien vivant, vibrant et charnel des vrais intercesseurs. Le chant byzantin en donne encore de nombreux témoignages modernes, mais l'église catholique a perdu cette tradition depuis bien des siècles. C’est une des raisons pour lesquelles on s’ennuie à la messe.

 

 

 

De passage dans la région j'ai pu découvrir le week-end dernier l'abbaye du Thoronet – une visite à ne manquer sous aucun prétexte. Elle se trouve dans la magnifique Provence Verte, entre Aix-en-Provence et Fréjus. Le hasard a voulu que nous arrivions juste avant la messe du dimanche pendant laquelle Damien Poisblaud chante chaque semaine. J’évite habituellement ce genre de cérémonie mais là ce fut un vrai plaisir. Il s’y passe vraiment quelque chose.

 

La beauté extraordinaire de ce lieu nu, la lumière du jour qui éclaire les pierres rosées, l’énergie de la voix de Damien irradiant cette acoustique exceptionnelle font de ce moment un précieux souvenir. A la fin de la messe, ses filles Blandine et Anaïs dansaient dans le choeur comme des derviches, et Damien continuait de chanter avec son fils dans ses bras. Aucun pathos ni affect mystique dans tout cela. Au contraire, une vrai simplicité où on se sent très à l’aise, comme une évidence. Si vous voulez en savoir plus, c’est ici : http://chantgregorien.over-blog.com/

 

 

 

 

A noter que Damien est aussi concepteur et fabricant d’enceintes acoustiques « audiophiles » époustouflantes. J’en ai une paire chez moi, et c’est un pur bonheur. Les infos sont là : http://www.chamade-acoustic.com/

 

 

 

 

Par François-Xavier Chauchat
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Mercredi 10 décembre 2008
  J'ai eu la chance d'assister lundi (le 8 décembre 2008) à la représentation générale de l'hommage à Maurice Béjart (*) présenté par l'Opéra Bastille. Sur trois chorégraphies, deux grands classiques sont à l'affiche – "l'Oiseau de Feu" et "le Sacre du Printemps". C'est un fait remarquable que de prendre conscience de la prégnance de ces chefs d'œuvre sur notre imaginaire, bien au delà du cercle des amateurs de danse. Car tout le monde connait ces œuvres, même ceux qui, comme c'était mon cas jusqu'à hier soir, n'avaient jamais eu l'occasion de les contempler.

  Ne comptez donc pas sur l'effet de surprise, mais sur le plaisir de jouir de ces tableaux vivants dans des conditions exceptionnelles. La musique de Stravinsky est interprétée en direct par l’orchestre et non enregistrée, ce qui est plus qu’heureux pour des œuvres jouant sur des contrastes de volumes et de timbres difficiles à rendre fidèlement sur les systèmes de reproduction sonore. Quant aux danseuses et danseurs de l’Opéra de Paris, ils sont la plupart du temps à la hauteur du défi physique et des prouesses techniques parfois époustouflantes imposées par Béjart. Les lumières, enfin, sont magnifiques.





  Pour merveilleux et vitalisant que soient ces deux chefs d’œuvre, alliance magistrale d’énergie rythmique « brute » et d’humanisme classique, je dois cependant confesser mon penchant pour la troisième chorégraphie (la première dans le déroulement de la soirée). «Serait-ce la mort ?», pour un danseur et quatre danseuses, sur les quatre derniers lieder de Strauss, m’a profondément touché.

  « Au seuil de la mort, un homme revoit quatre femmes qu'il a aimées tour à tour. Trois d'entre elles ont partagé chacune un moment de son existence mais, de la quatrième – figure énigmatique – il n'a aucun souvenir précis ». Mon coté sentimental et mon goût pour le crépusculaire (surtout au mois de décembre) ont été attisés par cette œuvre nimbée de sensualité, de nostalgie et de mystère. Et puis, quatre femmes…

  Mais mon amour du beau chant, de la musique et de l’évocation poétique y a aussi été comblé. Car il faut dire la beauté incomparable de ces compositions menant voix et orchestre dans des entrelacs sensuels, créant un tapis sonore à la fois lumineux et large, profond, sans jamais pourtant renvoyer la poésie au second plan. Les interprétations de la soprano (Anne-Sophie Duprels) et de l’orchestre étaient ce soir-là tout à fait convainquantes. La chorégraphie de Maurice Béjart donne formes, mouvement, couleur et humanité à cet ensemble déjà somptueux sans jamais en perturber le flux. Une merveille.



  Voilà donc, le temps d’une soirée, l’énergie d’une époque qui, traversant le temps, vient se rappeler à nous. Certaines fines bouches pourront trouver tout cela un peu daté, justement, mais ce ne fut pas mon cas. On retrouve dans ce spectacle la veine créatrice animale, sexualisée des années 60-70, mais sans rien d’outrancier, jamais. Car Béjart est un humaniste qui s’inscrit dans le patrimoine de la danse classique, et non en rupture avec celle-ci. On ne lui en veut pas.

François-Xavier Chauchat



(*) Maurice Béjart est mort le 22 novembre 2007  (sa bio sur wikipédia).


NB: les photos montrées ici ne sont pas celles du spectacle de la Bastille; elles sont bien plus anciennes et proviennent de différentes sources sur le web..



Par François-Xavier Chauchat
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Mercredi 19 novembre 2008



  C'était la deuxième fois en trois ans que j'avais la chance d'assister à la superbe production de l'opéra de Paris: Tristan und Isolde, de Wagner, mis en scène par Peter Sellars avec en toile de fond des oeuvres du génial vidéaste Bill Viola.


  La première fois (en 2005) m'avait électrisé, avec Ben Heppner en Tristan, Waltraud Meier en Isolde et Salonen à la baguette. La deuxième m'a définitivement convaincu, même si malheureusement Isolde (Waltraud Meier à nouveau) manquait cette fois cruellement de voix, et que la direction de Bychkov avait beaucoup moins de souffle que celle de Salonen. Ce n'était heureusement pas le cas des autres chanteurs, avec en particulier un Clifton Forbis absolument époustouflant au troisième acte, et une Gubanova (en Brangäne) somptueuse de bout en bout.




  Les vidéos de Bill Viola ne sont pas seulement un émerveillement pour les yeux, elles sont aussi des contrepoints pertinents du livret de Wagner, en même temps qu'elles racontent une histoire en elles-mêmes. Un livret et des images qui parlent de l'incandescence du désir, de la perte de conscience dans la fusion amoureuse, et de la mort comme seul remède à un amour trop puissant, un désir trop brûlant pour être supportés par deux êtres humains. Bouleversant.


 

 


 



François-Xavier Chauchat

 

 

 


Voir la présentation de la production (dont un extrait vidéo) sur le site de l'opéra de Paris: Tristan und Isolde


Par François-Xavier Chauchat
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A propos de ce site

  • : François-Xavier Chauchat
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  • : Économiste de profession, je publie ici de courts extraits de mes analyses sur des thèmes économiques et financiers d’actualité. Vous y trouverez aussi des articles traitant d’autres domaines qui me passionnent, comme la musique et l’opéra.
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